Les jardins et les coulisses des Ochettes

Le Jardin des Ochettes se dévoile en une mosaïque d’espaces, chacun porteur d’une âme et d’un usage. Jardin de curé, Jardin de St Gall, le Jardin social, le verger, la serre… mais aussi une cuisine, l’atelier ou encore un bassin japonais : autant de lieux où les plantes se cultivent, se transforment et se partagent. Ce sont aussi des espaces où l’on déambule, où l’on prend le temps de rêver, de se ressourcer et de se relier au vivant. Entrez dans les coulisses de ce lieu où nature, savoir-faire et douceur de vivre se rencontrent. Prenez le temps de visionner quelques images…
Le Jardin de St Gall
Le jardin de l’abbaye de Saint-Gall, né au IXᵉ siècle, dessinait un monastère vivant et autosuffisant : potager nourricier, herbularius soignant, verger généreux — chaque espace au service du vivant et de la communauté. Au Jardin des Ochettes, cet esprit se prolonge dès 2013 : sous les sureaux et les noisetiers, les légumes d’été côtoient les simples médicinales. Un lieu où l’on cultive à la fois la terre, le soin et le lien. Démarré dans le stricte respect des plans de l’abbaye, le Jardin a dérivé, la rue est toujours en place mais la menthe -coq – Tanacetum balsamita ne parvient pas à rester en place, tous les 2 ans , elle se doit de trouver une autre place, en 2025 elle était dans le jardin social et en rangs sages dans le Jardin d’Opus! Le poivirer du Sichuan Zanthoxyllum piperita est lui venu ombrer les ancolies Aquilegia vulgaris, l’Ecalyptus globulus planté en 2019 frise les 7 mètres de haut, bref chacun trouve sa place, sauf les moines qui ne retrouverait pas leur méticuleuse gestion des simples.


Le Jardin de curé
Le jardin de curé est traditionnellement un espace clos, à la fois nourricier, médicinal et ornemental, où légumes, simples et fleurs se côtoient dans des carrés bordés, propices au recueillement. Au Jardin des Ochettes, les buis ont été remplacés par des lavandes et des Euonymus japonicus ‘Microphyllus’ en test depuis 2026, en raison de la forte propagation de la pyrale du buis et du champignon Cylindrocladium Buxicola/Calonectria pseudonaviculata en Suisse depuis les années 2000.
Le Jardin Social
Ce jardin est un espace dédié à l’observation des relations complexes que tissent certaines plantes entre elles. Depuis 2013, nous y avons rassemblé les 26 plantes médicinales endémiques de notre région, 26 sur 46 plantes identifiées du sommet du Mont-Tendre aux marécages de pampigny, par Christophe Perret-Gentil , célèbre heboriste de notre région fondateur d’ARIES, basé à Biolley-Orjulaz. Dans cette zone, nous explorons le compagnonnage végétal et les phénomènes d’allélopathie, cette capacité qu’ont certaines espèces à influencer chimiquement la germination, la croissance ou la santé de leurs voisines, par émission de composés biochimiques dans le sol ou l’air. Certaines associations sont bénéfiques : les plantes se stimulent mutuellement, repoussent les ravageurs ou améliorent la disponibilité des nutriments. D’autres, au contraire, entrent en compétition ou s’inhibent. Nous avons ou observer que les alchemilles coexistaient pafaitement avec les sarriettes des montagne et l’agripaume. Cependant la températeur croissante des chaudes journées désséchantes venteuses, nous a contraint à aisser se développer quelques noisetiers et sureaux afin d’apporter des ombres passagères aux plantes de plus en plus bousculées par une météo chaotique (160l/m2 de pluie en février 2026)


La collection de pieds mères
Une quarantaine de pieds-mères sont l’objet de notre attention particulière. Contraint dans des contenants hors-sol, c’est l’unique moyen de les préverver d’un vagabondage et d’une perte au fil des années. Située dans le sous-jardin, cette collection constitue un conservatoire vivant : elle nous permet d’observer, de bouturer et de préserver des souches adaptées à notre terroir. Chaque plante est étiquetée, afin d’offrir un accès clair et structuré à celles et ceux qui souhaitent découvrir le monde des simples. Une collection qui permet aux visiteurs d’apprécier en quelques minutes, sans dépacement, la richesse de la flore médicinale et l’immense gamme d’odeurs et de goûts.
Le verger
Le verger, planté en 2005, a été densifié en 2023 pour faire face aux vents plus forts et aux effets du réchauffement climatique. Les arbres — pommiers, poiriers, figuiers, mais aussi bouleaux, frênes, aubépines — poussent désormais en synergie, formant une trame protectrice pour les cultures. Pour soutenir les auxiliaires, nous avons installé des nichoirs et des perchoirs à rapaces, favorisant ainsi un équilibre naturel au sein du verger. Une quarantaine de vieilles variétés de développe dans un environnement plus exigeant que celui des plaines du Rhône.


Le jardin d’Opus
Le jardin d’Opus accueille les grandes plantes qui composent nos infusions — mélisse, menthes, cassis, calendula, verbascum, valériane, etc. Elles y sont cultivées en rotation, avec une attention constante portée à la vitalité du sol. Nous privilégions une approche douce et cohérente : les plantes soignent les plantes, par des préparations et des associations favorisant l’équilibre naturel et la régénération de la terre. La pose de couvre sol en chanvre nous permet d’éviter un fastidieux déserbage entre les rangs et surtout de préserver une humidité en été qui évite de recourir à l’arrosage. Ce dernier est pratiqué 2 à 3 fois par an pour maintenir une humidité en sous-sol.
La serre
Conçue comme un véritable tampon thermique, qui contribue à environ 30 % au chauffage de la maison, la serre accueille les semis au printemps, offre un espace d’hivernage aux verveines et abrite une belle collection de pélargoniums odoroants et autres spicment d’Afrique du Sud. À la fois outil de culture et lieu de transition entre les saisons, elle relie le jardin à l’habitat dans une logique d’équilibre et d’autonomie.


L’atelier
Au sein de notre atelier, les plantes fraîchement récoltées entament leur métamorphose. Le passage au séchoir leur permet de se conserver tout en préservant leurs principes actifs et leur richesse aromatique. C’est là que repose notre réserve de plus de quatre-vingts plantes, et que, chaque mois d’août, prennent forme les assemblages qui deviendront nos infusions.
Convivialité et ressourcement
Au cœur de ces espaces vivants, des lieux ont été pensés pour se retrouver, partager un repas, ralentir le rythme. Un bain japonais, eau de pluie chauffée par le soleil, un sauna chauffé au bois, des assises au milieu des plantes invitent à la détente et à la présence. Ici, le jardin ne nourrit pas seulement le corps : il offre un véritable ressourcement humain, où la nature devient écrin de lien et de respiration.
